Posts filed under 'J'ai peur des films d'Horreur'

Jour 19: Histoire(s) de Famille

Les journées n’ayant que 24 heures, on dut se limiter à ne visionner cette année qu’un seul documentaire, mais pas n’importe lequel : The Wild and Wonderful Whites of West Virginia (qui repasse le 29 à 21h50). On dirait une espère de portrait de famille disjoncté, mêlant claquettes, party, crimes et country, rappelant par moments les home videos du défunt groupe de néo-thrash Pantera et les frasques de nos retardés préférés de Jackass [logiquement producteurs du documentaire]. C’est d’un je-m’en-foutisme absolument jouissif, aussi touchant (par moments) qu’incroyable (la plupart du temps).

Après avoir visionné l’incroyablement déjanté et divertissant documentaire, je n’ai pu faire autrement que chercher et trouver le responsable de l’affaire, soit le réalisateur américain Julien Nitzberg, afin de l’interroger sur ses expériences vécues sur le tournage (il a suivi durant environ un an cette bande de barjes).

Comment en êtes-vous venus à travailler avec les gars de Jackass?

En fait, un jour, j’ai reçu tout bonnement un appel d’un ami me demandant s’il pouvait donner mon numéro à Johnny Knoxville. Apparemment, il était un gros fan de mon documentaire The Wild World of Hasil Adkins [sur la légende rockabilly], qu’il avait montré à tout plein de ses amis. Ensuite, Knoxville m’a appelé et ça s’est soldé par un lunch, lors duquel on s’est rendu compte qu’on trippait sur les mêmes délinquants du country (i.e. David Allan Coe).

Peu après qu’il soit venu assister à une opérette de mon cru (The Beastly Bombing or A Terrible Tale of Terrorists Tamed by the Tangles of True Love), je lui ai montré des images d’un tournage avec Jesco White, qui dataient d’avant The Dancing Outlaw [documentaire de 30 minutes sur White]. Knoxville suggéra qu’on retourne en West Virginia, pour aller voir ce qu’il advenait de la famille. Ce premier tournage a été financé par Knoxville, Spike Jonze and Jeff Tremaine et à l’aide du clip promo qui en résulta, on réussit à vendre le projet à MTV. En plus de s’impliquer activement au niveau suggestions durant la production, les gars de Jackass ont d’ailleurs insisté que la famille ignore leur implication dans le projet, de peur qu’ils ne se mettent à faire toutes sortes de choses idiotes (qu’ils ne feraient pas en temps normal) afin de les impressionner. 

Comment avez-vous réussi à balancer les aspects pathétiques, comiques et tragiques du sujet?

Je n’ai jamais vu rien de réellement pathétique, mais plutôt un paquet de choses tragiques, ce qui est très différent. En fait, quand on est avec les Whites, la vie passé rapidement de comique à tragique, avant de redevenir comique. Ils ont vu tellement de morts et autres tragédies dans leurs vies qu’ils possèdent en quelque part la capacité de se marrer de la vie rapidement après une tragédie. C’est en partie un mécanisme d’auto-défense qu’on peut voir également chez les policiers, travailleurs de la santé, correspondants de guerre, bref chez tous ceux qui sont fréquemment confrontés au côté éphémère et/ou aux horreurs de la vie. Ils sont évidemment au courant d’à quel point leurs vies sont ‘crazy’ et de comment ils sont perçus. J’ai tenté de refléter dans la structure du film cette situation tragicomique, sans pour autant changer quoi que ce soit de ce qui est vraiment arrivé.

Avez-vous eu peur de vous retrouver dans le trouble à quelque moment que ce soit durant cette année passée en compagnie de la famille White?

Fréquemment. La police n’aime pas beaucoup la famille et, parce qu’on les filmait, plusieurs policiers ne nous aimaient pas trop non plus. Nous avons eu également quelques menaces de mort de la famille. De plus, les White aiment bien appeler la police sur n’importe qui les emmerdant. Un soir, Sue Bob White en avait marre de son copain, Rick. C’était le même soir  que le dernier party de Kirk White avant d’entrer en désintox’, lorsque tout le monde est allé au bowling. Après le bowling, Sue Bob est allée chez Kirk, en me demandant de ne rien dire à Rick. Il a appelé mon producteur Storm Taylor et moi-même encore et encore, en demandant si on savait où elle était. J’ai tenu ma promesse envers Sue Bob et lui ai dit que je ne savais pas où elle était. À 3 heure du mat’, j’ai été réveillé par les policiers: Rick les avait appelé pour leur dire que j’avais kidnappé Sue Bob.

Comment le musicien Hank III s’est retrouvé à être à la fois interviewé ET à performer quelques chansons devant la caméra?

Bien avant que je fasse le film, Hank III et Jesco était déjà des amis depuis plusieurs années. Depuis que Mamie est allée ‘backstage’ à l’un de ses shows se présenter, il est rapidement devenu un ami de la famille. Pour son album Straight to Hell, il a écrit The Legend of D. Ray White sur la famille, qui se retrouve dans le film, tout comme Louisiana Stripes (tiré du même album) sur laquelle Jesco danse [de la claquette]. Depuis toutes ces années, ils ont souvent performé ensemble et sont très liés. Comme ses chansons décrivaient parfaitement leur vie, their life, on l’a donc approaché pour qu’il en fasse quelques unes avec Jesco. C’est devenu en quelque sorte le chœur grec du film, commentant fort bien l’action.

Si jamais vous n’avez pas de billets (c’est hélas déjà complet), le film devrait être distribué sous peu sur DVD par les gens de MTV.

P.S. Si vous l’avez manqué vendredi dernier, courrez voir The Children. Je ne déconne pas. Après le puissant Home Movie de l’an dernier, les enfants tueurs reviennent nous faire peur. 84 minutes de pure terreur, comme seul les Britanniques en ont le secret (i.e. The Descent et surtout Eden Lake, doté d’un thème similaire). Ça repasse à 19h30, juste avant le très attendu I Sell the Dead qui passe à 21h45 (c’est déjà sold out; mais ça repasse jeudi en supplémentaire).

2 comments 27 juillet 2009

Jour 14 : Café noir bien tassé ou lait au chocolat qui te sort par le nez?

Courts toujours! Fidèle à lui-même, le programme Small Gauge Trauma de cette année (toujours compilé par le co-directeur et programmateur Mitch Davis) contenait une fois de plus son lot de trucs incroyables. D’abord, l’allemand Full Employment nous prit par surprise en balançant des mangeurs d’humaine chair dans son hilarant faux documentaire.

Ensuite, les gamins de The Scavengers (un espère de Stand by Me avec une sirène défraichie) nous séduisirent. Rite nous fit sourire (jaune?) avec son étrange atmosphère générale, quelque part entre les meilleurs cauchemars de Wes Craven et les mœurs de la secte de The Wicker Man. Fameux.

The Scavengers

Tout le contraire du suivant, l’espagnol My Love Lives in the Sewer (son site web est trop drôle). Pas du tout subtil mais totalement hilarant, une histoire d’amour au goût des plus douteux, entre un type aux pissantes perversions scatolo- giques (lire: assez dégueux) et la fille de ses rêves vivant dans les égouts (sérieux).

Suivant le rural et fort bien filmé Fallow (inspiré un brin par Evil Dead, avec un final à la Freaks), on fut maltraité par l’outrageusement gratuit et tonitruant court turc The Chest (veut-on vraiment voir un jeune garçon ultra-violent décapsuler graphiquement un bébé d’un an devant une grand-maman?). On boucla la boucle avec une histoire de synthétique boule, soit le tout court Boob, une sorte de croisement génétique entre l’Attaque des Tomates Tueuses et Killer Condom (silicone en prime). Marrant. N.B. Si vous n’en avez pas eu assez, sachez qu’il existe aussi une compil’ Small Gauge Trauma, disponible à peu près partout où vous achetez vos DVDs.

Présenté ce soir à 21h15, sachez que You Might as Well Live est une comédie canadienne réellement surprenante, car autant politiquement incorrecte que désopilante. Ne vous fiez pas à la bande annonce ni à la photo promo du barbouillé de feutre principal perso (qui m’avait initialement refroidi). Tout y passe (vraiment): handicapés, pédos, clowns, travelos, dingues techniquement réhabilités, famille et couples légèrement dévergondés, dans un cocktail de drogue, sport, bogues, religion, organes, circoncision, pop culture et perversions de tout acabit… avec même Michael Madsen (presque toute la filmo de Tarantino), dans le rôle d’un célèbre joueur de baseball déchu et alcoolo.

YMAWL

En plus, y’a tout plein de moustaches sympathiques, dont une particulièrement magnifique, porté par notre principal ti-pit : pour obtenir un Robert R. Mutt en une minute, mettez dans un mélangeur Forrest Gump, Borat, Earl (My Name is…) et Napoleon Dynamite, avec une lampée de lait au chocolat et une poignée de champignons magiques. Une très cool surprise un brin psychotique mais réellement comique. À 21h15. Ce soir. Vous ne le regretterez probablement pas.

Aussi à l’affiche ce soir (juste avant, à 19h), Black, un film d’action avec braquage et baston, qu’on compare à du Guy ‘Snatch’ Ritchie et aux meilleurs de  la blaxploitation (i.e. Shaft, Superfly). Le rappeur et acteur principal MC Jean Gab’1 (vu dans Banlieue 13) sera de la projection, accompagné du réalisateur Pierre Laffargue et de la  productrice Lauranne Bourrachot. Ça va brasser!

Add comment 22 juillet 2009

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