[REC] 2 + We Are What We Are + 6
21 juillet 2010 at 18 06 01 0701 Laisser un commentaire
Bon mercredi,
Ci-dessous, Sébastien est plus loquace que la dernière fois, nous livrant ses impressions vis-à-vis du film mexicain We Are What We Are et Samuel a raffolé de [REC] 2, alors que Julien commente 6 films supplémentaires.
Ce soir, c’est Small Gauge Trauma, l’annuel programme de courts métrages internationaux, habilement choisis parmi les plus déjantés par nul autre que Mitch Davis. Oh oui. En plus, y sera présenté en première mondiale (!) Ninjas [22 min.], le nouveau Dennison Ramalho (responsable de Love From Mother Only, le film/court le plus satanique ever, co-scénariste de Embodiment of Evil, le dernier Coffin Joe). C’est à 17h. Et c’est à ne pas manquer. À tantôt.
P.S. Au fait, c’est un peu hors sujet – d’où le P.S. – mais Die Antwoord, le groupe electro-rap sud-africain du MC Ninja (eh voilà, un lien!), sera au National ce soir… juste de même. Pour amateurs de trucs musicaux mutants seulement.
- Christophe Gagné alias Kristof G., votre humble scribe et webmestre de Fantistof ET Coordonnateur aux Événements des Communications d’Ubisoft Montréal
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We Are What We Are
Petit film mexicain honnête et méchant, qui ne tombe pas trop dans la violence gratuite. Ce n’est pas vraiment un film d’horreur, mais plutôt un drame de mœurs tordu et défaitiste. L’histoire suit les déboires d’une pauvre famille de cannibale. Facile comme histoire? Oui et non, car au delà du cannibalisme, il y a plusieurs degrés de lecture au scénario. On y parle d’une famille dysfonctionnelle. Dès le début, le père meurt d’une quelconque maladie (MTS…?) ou serait-ce d’abus de viande humaine? L’imposante [NDLR : voire castrante] mère impose un code strict de chasse – pas de prostituées – sûrement dégoutée par les excès de son défunt mari. Les deux fils sont de dangereux sociopathes, l’être humain n’étant à leurs yeux qu’un morceau de viande.
L’isolement social et le refoulement sexuel sont à l’origine d’une relation incestueuse ambiguë entre frère et sœur. Effectivement pas très net comme famille… La police aussi y passe, de vrais salopards corrompus, tout le système est pourri. Si vous voulez voir un film avec un protagoniste héroïque aux bonnes valeurs judéo-chrétiennes, vous être dans le champ. C’est affreux, sale et méchant.
Au niveau réalisation, la direction photo est soignée dans l’ensemble et la musique est excellente, rappelant les vieux films d’horreur des années 70. Les acteurs sont tous à la hauteur, mention spéciale à la mère, qui est très perturbante. Le rythme du film est assez lent (en ce qui me concerne, ce n’est pas un problème). Bref, on peut très difficilement comparer ce film plutôt sympa à d’autres films du genre.
- Sébastien Hubert, Modeleur, projet non-annoncé
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[REC] 2
Il y a deux ans à Fantasia, c’était la salle en entier, pleine à craquer, qui hurlait quand l’un des enragés mort-vivants de [REC] se pointait la tronche à l’autre bout d’un couloir. C’était la salle en entier qui hurlait quand l’un de ses zombies hurlant de rage descendait les marches et fondait sur ses victimes. C’était la salle en entier qui hurlait quand l’un des humains avait ‘viré’ et tentait de mordre les autres, les yeux plein de sang. Gardant le souvenir de [REC] comme étant l’un des plus efficaces films de zombies ayant jamais vu le jour, la barre était vachement haute pour [REC] 2. Autant le dire tout de suite, la barre était trop haute. [REC] 2 n’est pas à la hauteur de [REC]… mais! Il y a un gros mais! [REC] 2 est quand même une très bonne réussite!
Parmi ce qui n’a pas aussi bien fonctionné, on parle d’un rythme différent, un peu moins intense que dans le premier, d’une histoire un peu trop tirée par le cheveux (même s’il s’agit ici d’un film de zombies), qui va même tuer son propre rythme à certains moments, de personnages moins importants et moins crédibles, d’un réalisme un peu plus absent, mais surtout, de l’absence de ce premier contact avec l’univers de la série, qui gratifiait le premier d’un effet de surprise important. En fait, c’est un peu comme si on était à mi chemin entre revoir le premier film, et découvrir un nouveau film. On connaît déjà les règles, on sait jusqu’où le premier film nous a amené, on connaît donc déjà un peu l’univers des possibles.
Mais c’est là où [REC] 2 est habile. Il réussi assez bien à changer et ajouter certaines règles et à venir altérer et agrandir cet univers des possibles, allouant a cette suite une plage de possibilités importante pour de nouvelles surprises à nous faire hurler de peur, un exploit qui n’est pas toujours réussi par les suites, sans venir détruire l’original. On aurait peut-être aimé garder un peu plus des vieilles règles qui étaient si efficaces dans le premier [REC], mais les développements du second permettent au film de repousser un peu plus loin les limites du possible et de nous garantir quelques bons frissons bien paralysants. Chose certaine, dès le début du film, on a les mains agrippées à nos sièges et on anticipe des trucs qui vont nous sauter au visage. Ce qui est un peu dommage chez [REC] 2, c’est que trop souvent on va anticiper, sans que finalement rien saute au visage.
Au final, [REC] 2 est malgré tout une réussite satisfaisante. Même s’il est moins bien réussi que le premier, il l’est quand même plus que bien des films du genre. [REC] 2 possède quelques scènes mémorable et revirements de situations aussi surprenants qu’un bon vieux zombie qui vous surprend à un coin de mur avec ses lèvres tout mangées et du sang plein la face. Expérience très réussie! Suite malgré tout excellente! La salle en entier a juste un peu moins criée cette année. Ça ne nous empêchera pas d’attendre avec un peu d’impatience ce qui semble être un troisième volet intitulé [REC] Apocalypse sur IMDb, daté pour 2012. [NDLR : Une ‘préquelle’ - [REC] Genesis – est aussi au programme, prévue pour 2011.]
- Samuel Jacques, Lighting Artist, Ubisoft Digital Arts
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Le festival se poursuivant, j’irai cependant voir un peu moins de films dans les prochaines semaines, comme que mes vacances se terminent. Toutefois, ça restera quand même presqu’un film par jour jusqu’à la fin du festival. Les foules, comme les films weird, sont toujours au rendez-vous, et beaucoup de films sont déjà sold out… si vous hésitez encore, hâtez-vous!
Voici un petit résumé des films que j’ai vus depuis ma dernière entrée, pour vous donner des idées :
Phasma Ex Machina (16 juillet): Première mondiale d’un film de science-fiction alliant science avec fantômes et esprits. Un jeune homme tente désespérément de contacter ses parents morts tragiquement. Le film est bien amené, le petit budget ne nuit pas à la qualité du film et le tout est très bien fait. La performance de certains acteurs aurait pu être un peu plus crédible, mais ça reste quand même l’histoire de gens vaguement normaux. Tout compte fait, j’ai bien aimé.
$3ll 0u7! [Sell Out] (16 juillet): Une comédie alliant absurde et chansons, ça rappelle un peu Monty Python, mais avec une touche tout à fait Malaysienne! Très original, très drôle et une ambiance très légère, c’est un bon coup de cœur du festival jusqu’à présent!
Frankenstein Unlimited (18 juillet): Six courts métrages organisés à l’entour du récit de la transformation, du mutant créé de toutes pièces. Du photo-roman au policier, en passant par le kung-fu et la comédie d’horreur, ça impressionne par sa diversité et son originalité. Malgré quelques faiblesses ici et là (trame sonore, acteurs) selon les courts métrages, c’était bon et divertissant.
Air Doll (18 juillet): L’histoire bien particulière d’une poupée gonflable qui devient vaguement humaine. Le concept est intéressant, mais l’interaction entre les personnages est limitée, et on sent qu’on a perdu du contenu ou de la subtilité de l’histoire originale. Le personnage principal (la poupée, évidemment) manque un peu trop de profondeur pour en faire une histoire poignante. Malgré quelques bons moments, c’est un film correct, mais pas « bon ».
Accident (18 juillet): Le trailer nous faisait saliver à l’idée de factions s’éliminant à coups d’ « accidents », mais le film n’a pas tout-à-fait rendu ça; c’est plutôt une histoire quand même bien originale qui est moins forte qu’elle pourrait l’être par quelques longueurs. Quelques événements de plus (ou quelques coupures ici et là) en aurait fait un film excellent. Le jeu des acteurs est remarquable (en particulier celui du personnage principal), la musique bien sentie et l’intrigue très intéressante. Un bon film selon moi, mais ça n’a pas fait l’unanimité.
A Serbian Film (19 juillet): Je m’attendais à quelque chose d’atroce (pas en qualité, mais en contenu), avec les critiques que j’ai vues (et le speech d’entrée d’un des organisateurs [NDLR : le passionné Mitch Davis]) et j’ai été surpris; c’est sans contredit très intense, mais ça ne verse pas dans l’horreur standard, parce que c’est beaucoup plus proche de la réalité que ce qui nous semble confortable. C’est aussi un impressionnant bras d’honneur au cinéma serbe et à la victimisation au cinéma ou à la télé. Le jeu des acteurs est impressionnant, la musique tonitruante étouffante (mais combien appropriée) et la direction artistique, très, très noire. Pour résumer un peu le film, sans trop gâter l’histoire : c’est la descente en enfer d’un acteur porno à la retraite qui accepte une dernière offre. J’ai bien aimé, mais on sort de là avec un sentiment ambigu par rapport à l’appréciation qu’on peut y porter.
- Julien L’Heureux, Programmeur Généraliste, Groupe Technologique
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