Jour 3: Plein de bon sang
11 juillet 2009
Mmm… que c’était bon. Tel que prévu, la première nord-américaine du très attendu Thirst fit salle comble hier soir, au grand bonheur des 800 quelques chanceux qui étaient présents dans cette salle bien noire. Mais comment décrire cet OVNI cinématographique, à classer quelque part entre le film d’art léché, la comédie absurde et le film de genre le moins pur? Comme l’histoire fait des virages à 90 degrés à chaque demi-heure (le film dure près de 2 heures!), ce serait de la folie de tenter le périlleux exercice de vous synthétiser le synopsis.
On vous offre plutôt une suite de mots dans le désordre : intense, sexy, étrange, joli, dense, troublant/troublé, familial (dans le sens déconstruit du terme), sanglant, maladif, étonnant, bourratif, esthétique, critique (d’entre autre le christianisme), hilarant, fantômatique, intimidant, vampirique, surprenant, fantastique… Vraiment. Comme on le connait, Tarantino a probablement halluciné à Cannes en mai dernier, lors de la scène impliquant une bouche et un pied. Ça repasse demain midi.

- Dead Snow: jolie affiche, non?
Ce soir, à 23h45, on ira voir des zombies nazes et surtout nazis se faire trucider sur fond de blanche neige, dans le film norvégien Dead Snow, qui risque d’enflammer les habitués des séances tardives du festival. Sérieux, avouez que vous aimez l’odeur des maccabés aux croix gammées au petit matin…
Si à l’inverse, les morts-vivants vous répugnent au plus au point, mais que l’ultra-violence sur fond de sexuée vengeance vous branche, Sweet Karma est pour vous: j’ai eu la chance de voir cet efficace film canadien à l’avance. Comme certains de ses plus illustres compatriotes cinéastes, le réalisateur Andrew Hunt s’est inspiré avec brio des milieux malfâmés des bars de danseuses (comme Egoyan avec Exotica) et de la pègre russe (comme Cronenberg avec Eastern Promises). À l’aide d’une caméra aussi nerveuse que voyeuse, il nous plonge sans ménager personne dans un percutant tourbillon de rétribution lourd de conséquences. Quoiqu’on est pas trop loin du côté sans merci de classiques du genre ‘rape-revenge’, tel que Thriller et I Spit on your Grave, on reste à des années lumières de trucs trop graphiques comme Irréversible. Ce viscéral premier film laissera des séquelles certaines, autant chez le spectateur que dans le paysage trop linéaire du cinéma canadien, soyez en certain. Ça passe ce soir, minuit. Vous êtes avertis.
P.S. Infestation, qui joue à 16h45 cet après midi à l’air pas pire non plus (on dirait une espèce de Eight Legged Freaks, avec de bien grosses bibittes!).
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