Archive for 21 juillet 2008

19. Maudit Gros Cochon

Un dimanche soir maussade n’est pas très bon pour une première mondiale. Le cast & crew du sympathique Pig Hunt ont fait les frais des caprices de Dame Nature (le ciel gris n’était pas de très bon augure), d’autant plus la fin de semaine avait déjà été fort bien chargée chez les Fantasiens et Fantasiennes : c’était la 3e projection tardive d’une primeur en 3 jours. C’est donc dans une salle tout de même aux 2/3 remplie que le réalisateur James Isaac est venu présenter son tout nouveau bébé, qu’il n’a fini de monter que la semaine passée. Et, après avoir vu la bête, on peut confirmer qu’il était légèrement prématuré. On doit patienter un bon 45-minutes avant qu’on se décide à embrayer et que tout se mette à débouler, précipitant les twists et autres étrangetés jusqu’à une assez colossale finale, qui nous laissa un brin sur notre faim.

La Belle et la Bête (de Pig Hunt)

La Belle et la Bête (de Pig Hunt)

Il était une fois une bande d’hétéroclite et multiethniques potes, accompagnant notre ex-soldat de héros (et sa ‘badass’ de copine) pour un week-end de chasse au ranch de l’oncle de ce dernier. La cabane décrépite (qui abrite d’innombrables ossements, crânes et bois de cervidés, en plus d’assez d’animaux taxidermisés pour faire rougir Tobe Hopper et son Texas Massacre) est situé dans un bled paumé, peuplé de ‘rednecks’ très typés, non-lavés aux dents cariées, adorant leurs petites habitudes et autres communes activités, comme tirer de la carabine, se doper et boire du tord-boyau , tuer/dépecer des animaux et toujours se marrer des urbanisés. Après une (trop) longue et douteuse partie de chasse, un des jeunes truands du coin – qui ne donnait pas sa place – est abattu par un gars de la ville avec son arme de poing, déclenchant évidemment la fureur des habitants.

Les Claypool

Les Claypool

C’est alors que tout s’embrouille, mêlant des masses d’hystériques et motorisés rednecks en mode Madmax (il y en a même un avec un ‘gasmask’ !), une bande de jolies hippies aimant beaucoup le gazon, quelques bâtons de baseball et arbalètes modifiés et un maudit gros cochon de 13 pieds de long. On ne sait pas trop qu’est-ce qui arrive (mais on s’en fout, quoiqu’on aurait aimé plus de Les Claypool, parfait en prêtre complètement fou), jusqu’à l’ultime mais trop courte bataille avec cet enfoiré de sanglier surdimensionné. Une petite série B assumée, pas trop clichée et très sympa, remplie de gros rires bien gras (on a hâte au futur DVD et ses sûrement très cool extras).

Ex-Drummer

Ex-Drummer

On disait toutes sortes de choses de l’intrigant film belge Ex-Drummer, qui fut présenté à Fantasia dans la petite salle, en version originale flamande sous-titrée en anglais. On l’a comparé avec raison aux troublants films coups de poing et souvent violents que sont les Clockwork Orange, Irréversible et surtout Trainspotting. Cependant, ce film anarchique ne ressemble réellement à aucun d’eux. Celui-ci est un exercice de style complètement antisocial et nihiliste, exposant sans réelles raisons les pires travers du genre humain, toutes ses déclinaisons et plein d’autres étranges perversions. Tout y passe. Ultra-violence non-censurée, sexe et nudité crus et non-simulés, musique décadente et une overdose de repoussante déchéance. Le résultat est aussi puissant qu’étrange, laissant souvent perplexe le spectateur qui le sens cherche.

L'ex-chanteur/guitariste d'Ex-Drummer

L'ex-chanteur/guitariste d'Ex-Drummer

Dès le créatif générique urbain d’ouverture (qu’on nous passe en mode ‘rewind’, pour finir en nous frappant en pleine face avec une brique bien dure), on sait que ce sera clairement aussi punk que ‘no future’. Or, beaucoup on rit (c’est parfois surréel et très jaune aussi), on réfléchit (c’est également tragique et poétique) et on en ressort fortement ébranlé (c’est promis) et conquis. En plus, la musique est fantastique, contenant entre autres Devo (!), Mogwai et Isis. Un Ex-Drummer avec un déficit d’attention (et bourré de percutantes oppositions), qui fesse direct dans ta face ! Efficace. Pour ceux qui veulent aller dans ce belge ‘moshpit’, ça repasse ce soir @ 21h35 (salle J.A. De Sève).

Dance of the Dead

Dance of the Dead

Si, par contre, vous avez plus le goût pour d’orientales mutations, Tokyo Gore Police souillera à nouveau l’écran de la grande salle @ 21h45. Les fanas de comédies à zombies (style Shaun of the Dead) arriveront @ 19h30 pour Dance of the Dead. Demain : journée supplémentaire et toute dernière.

2 comments 21 juillet 2008

18.Profession : Boucher

Midnight Meat Train

Midnight Meat Train

Au lendemain de la populaire première mondiale de l’étonnant Repo! The Genetic Opera, les festivaliers ont eu droit à une vraie de vraie projection de minuit, avec la tout aussi mondiale première de Midnight Meat Train, d’après une nouvelle de l’immense romancier horrifique Clive Barker, vieille de presque un quart de siècle. Paru initialement dans la première des six anthologies Book of Blood (qui furent à l’époque encensées par nul autre que Stephen King), MMT est d’ailleurs le tout premier film produit et approuvé par Barker via sa nouvelle compagnie de production – Midnight Picture Show – dédiée aux adaptation cinématographiques de histoires tirées des susmentionnés recueils (la nouvelle éponyme et On Jerusalem Street devraient suivrent sous peu). C’est d’ailleurs une des choses qui nous rendait légèrement nerveux, car Barker, comme King, n’avait jusqu’à présent pas eu trop de chance avec le médium du film – en exceptant évidemment Hellraiser, sa première et excellente réalisation.

Les peintures de Barker

Quelques peintures de Barker

Rassurez-vous, si vous embarquez dans ce viandeux train de minuit, vous réaliserez que le réalisateur japonais Ryuhei Kitamura (Versus, Godzilla : Final Wars, Azumi) a fort réussi son pari. En plus, il a même exposé les formidables peintures du romancier dans la gallerie d’art du chiant personnage incarné par Brooke Shield. Sympa. À peine le film commencé qu’on est déjà plongé dans un carnage bien dégorgé, avec le départ prématuré de ce bon vieux Ted ‘frère de Sam’ Raimi, qui a dû – appuyé d’un silencieux mais totalement terrifiant Vinnie Jones – jeter un œil au plancher avant d’abruptement nous quitter. Ouch. Ce boucher de Jones est traumatisant tellement il est brutal, nous renvoyant au barbare Leatherface du Texas Chain Saw Massacre original. Sérieux. Le jour, il bosse à l’abattoir, alors que le soir, comme un pro, il enfile son costard et sort son gros et chromé marteau, pour aller travailler au noir dans le métro (sur la ligne verte!). De plus, c’est super bien filmé et les instruments du boucher (qui semble être en chirurgical acier) s’harmonisent parfaitement avec le ‘stainless steel’ qui décore ce train bien ‘shiny’.

Le Boucher selon Barker

Le Boucher selon Barker

Avec son regard hargneux et sa gueule de tueur, sachez que Jones brille en faisant  vraiment peur. Un petit photographe en manque d’inspiration (un mix d’Eric Salvail et de Jean-Michel Dufaux) l’apprend justement à ses dépends, en enquêtant jusqu’à l’obsession sur de mystérieuses disparitions. Ça bûche, ça craque, ça coupe et ça saigne, sans oublier une jolie décapitation, une poursuite à faire dégueuler un végé et un monstreux final en béton. Vous risquez de faire plus attention si vous prenez le dernier métro, genre, à la station Papineau. Un véritable et énergique ‘blockbuster’ d’horreur, qui livre totalement la marchandise et à la bonne heure. Mention au court métrage I Love You qui le précédait, avec son type grossièrement amoureux qui donne littéralement son cœur à sa douce moitié. Mauvaise idée.

Motel Hell

Motel Hell

Comme les bloggeur peuvent obtenir parfois des ‘screeners’, on a suivi thématiquement MMT avec The Butcher (qui repassait aujourd’hui @ 17h45). Grossière erreur. C’est que ce long métrage est impitoyable. Normalement, on aime bien les méchants avec une tête de cochon armés d’une scie mécanique, comme dans l’hilarant mini-classique Motel Hell et dans l’horrifique jeu de PS2 Manhunt. Sauf que celui de The Butcher est légèrement, disons, plus sadique. Tirée de la série ‘Playback in Black’, le film est monté comme un snuff (cinéma-vérité incluant de vrais meurtres), alternant entre les prises de vue du caméraman, filmant l’homme-porc et le réalisateur abusant et charcutant ultra-violemment leurs victimes, et celles provenant des caméras montées sur les casques des futur-cadavres, ligotés dans des décors décrépits et désaffectés.

Piggsy (Manhunt)

Piggsy (Manhunt)

Si MMT était de jouissives mais glaçantes montagnes russes, The Butcher est un saut en parachute où on se demande si on survivra durant 75 minutes. C’est vraiment si intense. On se sent comme un voyeur, dégoûté et impuissant face aux atrocités qui nous sont montrées. Dans le monde de ce film coréen (s’apparentant à la controversée série japonaise Guinea Pig), les Saw et Hostel sont des films pour enfants. Pour ceux et seulement ceux qui veulent réellement se faire brasser solidement et qui ont déjà cru avoir tout vu. Aux limites de l’insoutenable. Désolé, pas de photo (trop crado).

Pig Hunt

Pig Hunt

En parlant de cochon (mais un vrai, gros et mutant, cette fois-ci), il y a une autre mondiale première ce soir : Pig Hunt (@ 22h) de James ‘Jason X’ Isaac – qui est par ailleurs à Montréal pour nous présenter son film. Celui qui a envoyé dans l’espace notre masque de hockey préféré est un vrai fan de genre, ayant aussi réalisé The Horror Show (1989), en plus d’avoir bossé sur Gremlins, Return of the Jedi et plusieurs films de Cronenberg (The Fly, Naked Lunch et eXistenZ). On décrit son nouveau film comme étant Razorback rencontre Deliverance. Si le résultat n’est qu’à moitié aussi efficace que l’un de ces deux films, on devrait avoir pas mal de fun. ‘Come on’, il y a Les ‘Primus’ Claypool (en prêtre armé d’une arbalète), des motards, des rednecks et un putain de cochon géant mangeur d’homme!

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