Présenté hier soir devant un public réceptif et démonstratif, le souvent absurde et sombrement comique petit thriller Stuck, le plus récent de Stuart Gordon, n’a pas déçu, oh non, en surprenant plus d’un, qui avaient été préalablement déroutés par la trompeuse car tape-à-l’œil bande-annonce. On dirait qu’il vieillit comme du bon whisky. Après s’être éloigné de l’horreur pure depuis un petit moment, avec ses forts réussis King of the Ants (Fantasia’03) et Edmond (le vénérable réalisateur était venu en personne nous le présenter l’an dernier), Gordon nous a servit un ‘survival’ urbain, déguisé en délicieuse et joyeusement saignante comédie noire - dans tous les sens du terme.
Avec en vedette des acteurs relativement connus (notamment, la menue Mena ‘American Beauty’ Suvari et Stephen Rea), on passe une journée en compagnie de fort colorés personnages (une petite conne égocentrique vs. un pauvre nouveau SDF), dont le destin est lié par un malencontreux et spectaculaire accident. Sauver à tous prix sa peau est le ‘motto’. Ce n’est pas toujours jo-jo, ça fait souvent bien marrer et, au final, on a parfois très mal (ouch, l’essuie glace! ouille, le crayon!). Vivement en DVD, pour qu’on puisse se le retaper !
En espérant que Gordon a pris ses distances du genre pour mieux revenir… mais qu’est-ce qu’on attend pour lui donnez du blé ASAP quelqu’un, afin qu’il puisse enfin nous faire son come-back horrifique avec le projeté House of Re-Animator (avec toujours le Dr.Jeffrey Comb et aussi William H. Macy en président des USA!). En attendant, on va continuer de patienter et de prier un Dieu inventé.
Morsure est un dynamique court métrage français, ayant retenu l’attention lors de sa projection lundi dernier (il ouvrait pour l’oubliable Flick; on y reviendra un peu plus tard). En 13 (!) minutes seulement, le film de David Morley (on attend Mutants - son premier long – avec impatience!) raconta de façon joliment punchée une histoire d’infecté/enragé (genre de zombie avec les traits faciaux d’un loup-garou). À croquer! Si vous avez adoré les sanguinolents effets spéciaux de Frontière(s) et À l’Intérieur, c’est pour vous! Cliquez ici pour visionner la bande-annonce de Morsure.
Une fois bien réchauffée, la petite foule (le 1/3 de la grande salle) fut rapidement refroidie par l’inconsistance de Flick, un film anglais, à l’esprit typiquement américain, qui s’avérait pourtant sympa avec son histoire de zombie rockabilly avec une Faye Dunaway à contre-emploi, en flic dotée d’un bras de plastique. C’est que cette dernière semble s’emmerder royalement, donnant l’impression de ne pas savoir ce qu’elle foutait là (peut-être était-elle sur le prozac, pourrait-on supposer), déclamant ses lignes ridicules sans aucune conviction sur toute la durée (qui semble s’éterniser).
Deuzio, notre mort-vivant n’est pas du tout cannibale, s’étant réveillé 40 ans après sa mort (qui suivait son pétage de plomb meurtrier à la prom’), au look mixant le Michael Jackson de Thriller (étant aussi danseur) et Elvis (cheveux gominés et fringues appropriés). Or, bien que le tout soit décemment filmé et doté de jolis effets visuels (on voit la musique sortir des haut-parleurs, les maquillages sont efficaces, les interludes bande-dessinées sont appréciées…), la sauce ne prend pas. L’hétérogène mélange comprend une bonne dose de Carrie et de Back of the Future (?), assaisonné de peu de Creepshow et d’un brin de Christine, sur fond de généralisé ‘bad acting’ (à part quelques marrants vieux grincheux). On ne se demande pas pourquoi son réalisateur et son producteur (initialement invités, selon le programme officiel) ne se sont pas pointés. À date, de tout le festival, c’était ma toute première déception. Passons.
On était intrigué par What We Do Is Secret, la bio romancée de Darby Crash, qui fut chanteur de l’éphémère groupe punk culte de LA, The Germs. On annonçait du sex, drugs & rock n’roll mur à mur, du je-m’en-foutisme, de la déchéance et du vandalisme, bref quelque chose qui brasse et peut-être même de choquant (quoiqu’assez ardu après avoir vu le docu sur G.G. Allin). Même si on fut assez bien divertit, on doit avouer ne pas avoir été grandement impressionné. On aurait pu le re-titrer Crash and Darby tant le film s’articule sur le même moule que son modèle Sid and Nancy (mais avec un seul héros/zéro). Mêlant de fausses entrevues mollement philosophiques et des scènes et/ou spectacles marquants de sa courte et mélodramatique vie (il s’est suicidé par overdose à 22 ans), le récit et les dialogues sonnent souvent clichés et, dans l’ensemble, c’est beaucoup trop propre pour être réellement punk. Oui, Shane West fait une bonne job dans le rôle du chanteur, mais ça manque un peu de punch. On ira plutôt écouter à plein volume leur seul et unique album, comme on aime bien leur punk rock, situé entre les Sex Pistols et les Ramones.
Depuis plusieurs années, les films espagnols ne cessent d’impressionner. On n’a qu’à penser aux Alex de la Iglesia (Accion Mutante, La Communidad), Jaume Balaguero ([rec],The Nameless) , Nacho Cerda (Aftermath, The Abandonned) et autres Juan Antonio Bayona (El Orfanato) pour s’en convaincre. C’est donc avec joie qu’on approche les films provenant de ces ensoleillées contrées. Car les réalisateurs y vivant ont bien souvent le compas dans l’œil, tout en étant de fins écrivains. Cependant, F. Javier Gutiérrez, celui de Before the Fall (alias Tres Días, son premier long), n’a pas autant de talent, narrativement parlant. Peut-on réellement s’attacher aux personnages si, d’emblée, on les sait condamnés à crever?
D’entrée de jeu, on apprend qu’un météorite frappera la terre dans trois jours et que les chances de survie sont nulles. Plus minimal dans son approche que le duo de pétards mouillés d’il y a 10 ans (Armageddon et Deep Impact, souvenez-vous), on y suit les derniers moments d’une cellule familiale voulant se protéger non pas de l’apocalypse mais d’un impitoyable truand récemment évadé de prison, ayant juré il y a 20 ans (!) de faire payer ceux qui l’avait fait incarcérer. Vraiment bien filmé avec des acteurs justes, il manque un je ne sais quoi pour nous faire réellement embarquer. Meilleure chance la prochaine fois (on surveillera Gutiérrez!).
Vous aimez les bébés maléfiques et déformés ? La bande-annonce du film japonais Akanbo Shôjo (alias Tamami : The Baby’s Curse; @ 17h25) vous convaincra sûrement : cliquez ici!. Vous vous sentez plus déprimés? Pas de problème, on nous passe le film From Within (USA; @ 21h45), qui raconte l’histoire d’une ville aux prises avec une vague de mystérieux suicides chez les ados d’un petit bled où il se passe des trucs pas ou trop catholiques. Vous êtes plutôt d’humeur pour un hongkongais thriller? Triangle (@ 21h45), le cadavre-exquis réalisé par des pointures du cinéma chinois (le ‘triangle’ formé de Johnnie To, Tsui Hark et Ringo Lam), est pour vous.











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