12.Gore Gore Girls
14 juillet 2008
On sait que vous voulez savoir c’était comment ce film au titre si éloquent (Tokyo Gore Police, évidemment)… On va vous faire patienter un brin, le temps de critiquer en entrée le slasher All the Boys Love Mandy Lane – qui est projeté à nouveau ce soir (@ 19h45). Ceux qui ont vu la bande-annonce ne savaient initialement pas trop quoi en penser : ça ressemblait à première vue à un slasher tout ce qu’il y a de plus typique, en légèrement moins cartoon que les aventures de Freddy et Jason. Donc, en une phrase, une jolie blonde bien roulée, que tous les gars du lycée aimeraient bien inviter, accepte d’aller passer une fin de semaine dans un ranch éloigné (rassurez-vous, il n’y a pas de chainsaw), avec une bande de fêtards très stéréotypés, qui vont évidemment être éliminés un à un par un genre d’obsédé. Assez cliché, oui.
Cependant, la scène d’ouverture surprend vraiment, d’autant plus que le ‘méchant’ n’est pas un type balèze et masqué (un morceau de robot!) et les meurtres sont souvent assez originaux (et douloureusement brutaux). On pourrait d’ailleurs le comparer légèrement au slasher français Haute Tension, quoique ses scènes chocs sont moins intenses et – heureusement – son twist final est plus réussi (qu’on ne dévoilera assurément pas). Le tout laisse même un troublant léger arrière-goût de réalisme assez fataliste. Not your usual little teen slasher, comme diraient les Français!
Voici maintenant le temps pour le plat de résistance, Tokyo Gore Police. Comme disait mon collègue Nicolas Archambault sur le site de Fantasia (pour plus d’info et des photos, cliquez ici), le film semblait effectivement assez attendu. C’est possiblement dû au titre et au fait qu’on en a parlé dans plusieurs média (notamment dans le magazine Rue Morgue* du mois passé, en plus d’avoir fait la une du Mirror de la semaine dernière). De plus, on eut la chance de visionner cette projection de minuit (samedi) en compagnie de plusieurs de ses artisans, qui eurent droit à un accueil totalement délirant (ça faisait longtemps qu’on avait été collectivement si bruyant). Notamment, étaient présents le marginal réalisateur et maître ès effets spéciaux Yoshihiro Nishimura et son actrice principale, la frêle et fantomatique Eihi ‘Audition’ Shiina, qui ont gentiment et parfois difficilement (avec l’aide d’une interprète) répondu aux questions des Fantasiens… qui furent souvent ‘lost in translation’. On se doit de mentionner que les spectateurs étaient déjà assez ébranlés suivant la projection de cet incroyable film défiant toute description.
Tentons donc l’impossible : une hallucination cinématographique rockant sans bon sens, à la fois soniquement et visuellement, où règnent de méchants mutants, se transformant toujours en quelque chose de plus impressionnant, à chaque assaut de leurs assaillants. Cousin de la fesse droite de the Machine Girl, TGP est exponentiellement extravagant. Moins inspiré du Planet Terror de Rodriguez que de Blade Runner et de toute l’œuvre sci-fi de Paul Verhoeven, le récit s’articule autour de l’escouade de police du titre, tous vêtus d’incroyables costumes de samouraïs futuristes, à l’exception de la jolie star, qui émince de l’ingénieur (l’appellation des méchants mutants) comme une vraie pro avec son sabre ou même 2 chainsaws (battant à plates coutures le combat final du Texas Chainsaw Massacre 2 de Hooper).
Sachez que les innombrables transmutations qui ponctuent régulièrement le film n’ont rien à envier à des classiques comme The Thing ou Brain Dead, ni à des hommages comme Slither. Ici, une subversive publicité rappelant celles de Robocop ou Starship Troopers, là une créature qui aurait eu sa place dans le bar martien et miteux de Total Recall… Sauf que ça n’arrête à peu près jamais. C’en est presque essoufflant, tant ses débordements (et démembrements) sont incroyablement marrant. En somme, un extravaganza complètement débauchée et disjonctée, qui plaira aux fans de Takashi Miike (surtout de son Ichi the Killer) et à tous ceux qui savent apprécier un cartoonesque et indécent carnage fait de bon vieux latex et de sirop de maïs rougement coloré. On vous prie d’acheter le DVD (disponible sous peu), car – parole – vous voulez/voudrez une suite au plus vite! En attendant, on ira le (re)voir en supplémentaire lundi le 21 @ 21h45. Vous ne voulez vraiment pas manquer ça une autre fois.
Vous aurez dessert demain, avec notre critique du puissant Home Movie (qui fesse pas mal fort) et du rempli de Germs biopic What We Do Is Secret (qu’on a trouvé juste correct). Ce soir, une Faye Dunaway à un bras casse du rétro-zombie dans Flick (et on ne vous niaise même pas).
*Meilleur magazine sur l’horreur – tout médiums confondus – jamais publié (créé à Toronto). Techniquement, ses artisans devraient avoir une table dans le lobby de Concordia, avec en vente des vieux numéros et autres souvenirs.
Entry Filed under: J'adore les films Gore, J'ai pas peur des films d'Horreur. Mots-clefs: All the Boys Love Mandy Lane, Eihi Shiina, Faye Dunaway, Flick, Home Movie, Rue Morgue Magazine, Tokyo Gore Police, What We Do Is Secret, Yoshihiro Nishimura.






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