Archive for 11 juillet 2008
09.Trauma-tisés
En début de soirée hier, avait lieu l’annuelle projection de Small Gauge Trauma, la nouvelle cuvée de courts métrages personnellement choisie par Mitch Davis. Quoique cette nouvelle sélection fût légèrement inégale, ce n’était cependant pas du tout banal. D’abord, parmi ceux qui n’ont pas vraiment impressionné, on retrouvait le prétentieux 1000 Year Sleep (qui sonnait faux, car trop verbeux; des USA), Transrexia (brève et jolie animation ‘stop-motion’, gâchée par son trip répétitif et mochement narratif; aussi des USA) et A Break in the Monotony (ayant une bonne idée de base, malheureusement sabotée par des infographies brouillonnes et/ou mal rendues; d’Australie).
Du côté OK, on a souri en compagnie d’une marguerite enthousiaste mais malchanceuse (le South-Park-esque The Flower, qu’on a eu en entrée; du Canada), on a ri jaune avec un cinéaste perturbé et aimant les canidés (le trop court Hardcore; d’Italie) et on a plissé le nez en assistant au pétage de plomb ensanglanté d’un type ayant trop regardé de télé (le graphiquement gratuit Snip, servi en tout dernier; d’Espagne). Mention spéciale aux mutants et sexys Eel Girl (superbement déviant; de Nouvelle Zélande, en collaboration avec le Weta Workshop de Peter Jackson) et Pretty Little Thing (intense et puissant, bien qu’il s’essouffle un brin en fin de course; du Mexique), avec leurs ‘femmes fatales’ punissant respectivement quelques vieux dégueux.
Notre top 3? En troisième position, on place le magnifique western en trois parties Limoncello (d’Espagne), son imagination débridée (résurrection et vaudou, dans le far-west? Woo-hoo!) pour son humour noir (le vénérable et vénéré et son secret caché) et ses innombrables visuelles qualités (rendant hommages aux classiques de Leone et cie!). En second, même si ce n’était pas le mieux filmé, Electric Fence a réussi à traumatiser tous les hommes présents (et par conséquent leurs copines), à l’aide d’un chassé-croisé tordu et fataliste, nous amenant ultimement à une scène choc aux limites du trop, impliquant de trop petits ciseaux, que plusieurs n’oublieront pas de sitôt. Ça fait mal rien que d’y penser.
Finalement, le clou de la soirée était sans contredit le parfait I Love Sarah Jane (d’Australie), qui n’était pas sans rappeler le tout aussi jouissif I’ll See You In My Dreams, qu’on a pu voir à Fantasia en 2004 (sachez qu’on retrouve aussi le court portugais sur le Small Gauge Trauma DVD, dans les magasins depuis quelques années). I Love Sarah Jane peint le portrait très glauque d’une bande de jeunes orphelins, armés d’allumettes, de pelle, d’arc et flèches, laissés à eux-mêmes dans un monde post-apocalyptique dans lequel les morts marchent et mordent. À la fois triste, sympa, nihiliste, délinquant et réaliste (si, évidemment, on croit aux morts-vivants). Vivement sur le prochain DVD… qui tarde à arriver!
À l’affiche, aujourd’hui : on pourra voir des soldats en combat dans The Objective (de Daniel ‘The Blair Witch Project’ Myrick; USA; @ 15h30) et The Assembly (Chine; @ 17h15), des truands d’antan dans A Colt is my Passport (1967; Japon; @ 19h20 et le 13 juillet @ 15h15), des karatékas survoltés dans Black Belt (Japon; @ 18h30 à la Cinémathèque Québécoise), des fétichistes néozélandais dans les documentaires de David Blyth (@ 21h35), une secte d’obsédés aimant amputer et crucifier les gens dans X-Cross (@ 22h) et un couple dangereusement sexué dans Bad Biology (de Frank Henenlotter; @ minuit). Ce dernier souligne le retour du réalisateur newyorkais (responsable pour les déjantés Basket Case, Brain Damage et Frenkenhooker), qui viendra en ville nous présenter son premier film en 16 ans! Montréal, ‘represent’!
Add comment 11 juillet 2008



