05.Bon sang (froid)!
7 juillet 2008
Magnifiquement filmé en hiver, le sang gicle parfois sur la neige mais jamais gratuitement. C’est avant tout une question de survie : la petite ne se nourrit que d’hémoglobine. Donc, par de meurtres ‘cools’ et/ou aristocratiques à la The Lost Boys ou Interview with a Vampire. Ni de trucs trop ‘slick’ dans la veine de 30 Days of Night. Ici, on fait dans le vrai, plus humain que la moyenne du genre (Underworld quelqu’un?). Ce qui veut aussi dire que, même si c’est rarement graphiquement gore, ça fesse dans le ‘dash’.
De plus, le fond est assez intemporel : les fringuent des personnages (tous très justes et souvent kitchs, issus de classe moyenne ou ouvrière) semblent sortir tout droit d’une fripperie bon marché, tandis que la musique reste assez sobre tendance folk et rock classique, comme si on était figé dans le temps vers la fin des années 70. Donc, on fait ainsi et logiquement abstraction de tous éléments technologiques actuels (iPods, ordinateurs, DVDs…), qui auraient trahis dans 10-20 ans l’âge du film – qui sera sûrement culte d’ici là.
Quelques éléments du traitement se rapprochent de l’approche espagnole (‘on est tous dans la zone grise’), en particulier celle de Guillermo Del Toro avec son puissant The Devil Backbone, qui est aussi troublant que touchant. C’est aussi pour ceux ayant l’esprit large, qui ont aimé l’incongrue histoire d’amour d’Harold and Maude – et aussi le coup de poing sur la gueule qu’était Bully (N.B. Pour les fanatiques, il y a même une scie mécanique!). On devine que le réal’ (Tomas Alfredson) est un cinéphile moyennement maniaque, car les plus attentifs repéreront dans les dialogues des mini clins d’œil aux très cultes Deliverance et Taxi Driver. Allez, ruez-vous maintenant à la billetterie, ça repasse mardi (le 8 @21h30)!
Au menu ce soir, sachez que The Substitute (@ 19h15) n’est pas un remake du film bidon du même nom (1996), mettant en vedette Tom Berenger (repris dans les 3 suites par le non moins mauvais Treat Williams). Non, messieurs-dames. C’est en fait la toute récente science fiction danoise (AKA ) de Ole Bornedal. FYI, au CV de ce dernier, se retrouvent I Am Dina, avec Gérard Depardieu et Christopher Eccleston (Shallow Grave, eXistenZ, 28 Days Later), mais surtout Nightwatch (AKA Nattevagten, 1994), dont il a également signé la refonte 3 ans plus tard (avec Ewan McGregor, Nick Nolte, Brad Dourif, Josh Brolin et Patricia Arquette). On est donc en bonnes mains. En plus, ça met en vedette la jolie Paprika Steen (une habituée de Lars Von Trier), qu’on avait adoré l’an dernier au festival dans le surprenant drame inclassable Adam’s Apples.
Également, les fanas de dessins monochromes se régaleront de la sombre animation française titrée Peur(s) du Noir (@ 21h45), réalisé par un collectif de bédéistes chevronnés (avec les voix d’entre autres Guillaume ‘fils de’ Depardieu et le chanteur Arthur H), tandis que ceux connaissant le prolifique Chinois Johnny To (Exile, Running on Karma, Election…) goberont d’un trait son histoire de pickpockets nommée Sparrow (@ 19h45). M. To coréalise également Triangle (avec Ringo Lam et Tsui Hark; mardi le 8 @ 17h15) et Mad Detective (avec Wai Ka-Fai; aussi mardi le 8 @ 20h). Un trio de To!
Entry Filed under: J'ai peur des films d'Horreur, Je m'anime quand ça Dessine. Mots-clefs: Johnny To, Let the Right One In, Mad Detective, Ole Bornedal, Paprika Steen, Peur(s) du Noir, Ringo Lam, Sparrow, The Substitute, Tomas Alfredson, Triangle.





Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed