Archive for 6 juillet 2008
04.Casser du monstre, the canadian way
Dimanche après-midi, il fait présentement beau et chaud et, à cause de Fantasia, on ne s’est pas du tout levé tôt. C’est que la soirée d’hier soir a fini assez tard. C’est en partie dû aux chanceux qui ont écouté le petit classique du kung fu Disciples of the 36th Chamber en compagnie de Gordon Liu (la légende vivante qu’on a récemment vu dans Kill Bill). Après les mille et unes questions post-projections desdits spectateurs, l’horaire de la journée fut décalé d’une demi-heure (mais, comme on est bon joueur, on ne leur en tiendra pas rigueur). Ceux qui nous ont tenu réveillés jusqu’aux petites heures du matin étaient un casseur de monstres canadien et quelques sorcières italiennes.
D’abord, un retour sur le ‘crowd pleaser’ Jack Brooks Monster Slayer. Après le jubilatoire ‘gorefest’ que fut Hatchet (qui a réjouit les Fantasiens l’an dernier), JBMS de l’Ontarien Jon Knautz (l’enthousiaste bonhomme était avec nous) a tenu ses promesses. Ça fesse. S’annonçant comme étant un hommage aux extravagants films d’horreur tout-latex des années ’80, JBMS a – au grand plaisir des fans du genre – véritablement livré la marchandise, grâce à son humour bien gras et surtout à ses effets spéciaux bien gluants et en temps réels (pas de CGI ici). Ça nous renvoie à des œuvres cultissimes comme The Gate (réalisé incidemment par un autre Canadien, Tibor Takàcs en ’87), les premiers films de Peter Jackson et surtout le Evil Dead 2 de Sam Raimi (qu’il rejoint aussi dans l’esprit).
En plus de l’exceptionnelle et hilarante performance de l’acteur/scénariste/producteur Trevor Matthews (qui était également sur place), en héros plombier traumatisé et agressif, on a même droit au grand Robert ‘Freddy’ Englund, dans un rôle tout à fait dément. Englund rappelle par moment le spaltstick de Vincent D’Onofrio dans Men In Black, alors que son allure finale est un croisement entre l’immortel Jabba the Hutt (l’inspiration principale de Knautz) et les créatures de The Deadly Spawn et Slither. Vous voyez le (méchant beau) portrait. D’ailleurs, c’est LE plus bel hommage aux films d’il y a 20 ans depuis le film de James Gunn, partageant avec ce dernier un respect avoué de ses influences et des maîtres du genre. Un film de monstre format géant, avec les mutants, des cyclops, des trolls des bois et même un quasi-Jabba. Vivement une suite inspirée ou une série télé! N.B. Afin de les aider à réaliser leur prochains projets, vous DEVEZ impérativement aller voir ça en salle quand ça sortira le 25 juillet!
On ne peut passer sous silence le court métrage qui admirablement le précédait, soit l’absurde série Z titrée Treevenge, de Jason Eisener et produit par Rob Cotterill (les gars – aussi des Canadiens – derrière le sympathique Hobo With a Shotgun, qui étaient également là pour présenter leur film). Cette première mondiale ouvrait parfaitement JBMS, car c’était également fait par des gars qui connaissent vraiment bien leur horreur et tous ses plus petits meurtriers (en passant par un petit clin d’œil au méconnu The Burning et aux Tomates Tueuses), du générique ultra grindhouse au carnage final, à la fois ridicule et complètement cinglé (ils ont osé écrabouiller un bébé, yé!). SVP donnez-leur du pognon qu’ils nous fassent au plus vite un long!
On est ensuite resté pour le film de minuit, Mother of Tears (The Third Mother), le plus récent film du maestro italien Dario Argento. Comme on avait pas beaucoup aimé cette conclusion tardive d’une trilogie sur la sorcellerie, on y allait en partie dû au fait qu’on est… hum… on doit l’avouer… légèrement groupie. C’est que, tout bon collectionneur qui se respecte, ne peut résister lorsque confronté à la possibilité de faire autographier un item de memorabilia par un des artisans y ayant collaboré. Histoire de s’aider à se rappeler de cet événement une fois passé. L’actrice italienne Coralina Cataldi-Tassoni (habitant maintenant New York) était sur place pour présenter le film, précédé de The Dirt, un intéressant court métrage plus expérimental qu’horrifique (réalisé par le compositeur Claudio ‘Goblin’ Simonetti et incluant les FX du réputé Sergio Stivaletti, qui en a récemment impressionné plusieurs dans Haute Tension). Les fanas de giallo et de cinéma d’horreur italien connaissait la diva pour l’avoir vue dans des films d’Argento (Opera et The Phantom of the Opera, sortis respectivement en 1987 et 1998), après l’avoir découverte – adolescente et possédée – dans Demons 2 (1986; incidemment produit par Argento) de Lamberto Bava – fils du grand Mario. Notez qu’elle fait participe vocalement au projet musical Orco Muto, incluant également Maurizio Guarini, l’ex-claviériste du groupe de progressif italien Goblin – responsable pour des trames sonores des classiques d’Argento et de celle du classique Dawn of the Dead de George A. Romero. Reprenant tous les thèmes célèbres de Goblin, Orco Muto sera en show le 16 août prochain au Club Soda et vous ne voulez pas manquer ça!
Après avoir rangé nos VHS cordialement signées par la dame (!), on se retapa d’un œil critique ledit film. À deuxième vue, si le film rate la cible assez souvent, on ne peut nier qu’il est excessivement divertissant. D’abord, le pot. En plus du douteux doublage (une tradition italienne), on a droit à des dialogues ridicules déclamés par des acteurs qui en font trop (sauf Coralina, qui – heureusement pour elle – meurt tôt et assez brutalement). Ce qui donne bien souvent des scène inintentionnellement hilarantes, incluant la fille de Dario (Asia), sa mère (Daria Nicolodi, l’ex de Dario, en fantôme), le singulier et toujours fier Udo Kier, une bande de plus ou moins habillées gothiques chicks (mais véritablement clichées) et un singe (!) à mine patibulaire (eh oui, à regarder sa filmo, il semble Dario adooooore les animaux).
Étrangement, le film se laisse tellement écouter qu’on ne peut s’empêcher de le conseiller, un peu pour ses psychotroniques qualités, mais surtout car les deux oligo-éléments de tout film d’horreur, le sexe et la violence, y sont bien présents. Ici, vous êtes servis côté gratuite nudité (effectivement, les sorcières ont les mœurs légères) et gore bien dégorgé (c’est souvent réellement brutal, avec des meurtres sanglants remplis d’entrailles). Quoiqu’au final, la grandiloquence de l’entreprise déçoit de par son côté fromageux (Dario se fait vieux), on peut tout de même se laisser amuser par l’extravagance de cette mer écarlate et dense.
En vrac, en ce torride dimanche. Premièrement, on ne sait pas trop ce qu’est Negative Happy Chain Saw Edge (@ 17h), mais avec une scie mécanique dans le titre… Ensuite, le documentaire Second Skin (@ 19h15; en reprise le 8 @ 15h) nous plonge dans l’étrange monde parallèlement virtuel des jeux vidéo multi-joueurs en ligne. Presque en même temps sera projeté Let the Right One In (@ 19h30, dans la grande salle; en reprise le 8 @ 21h30), un film suédois mettant en vedette des enfants, qui ont l’air de vouloir nous glacer le sang. C’est aussi l’un des coups de cœur des programmateurs, Mitch Davis clamant que c’était le meilleur films de buveur d’hémoglobine depuis l’excellent Near Dark (1987). Ça passe juste avant What We Do Is Secret (@ 22h, en compagnie du réalisateur Rodger Grossman), le dynamique biopic sur le défunt groupe punk The Germs. Bonne soirée!
3 comments 6 juillet 2008







