Archive for juillet 2008
22. Générique de fin
Eh oui, on est rendu là avec l’édition numéro 12 de Fantasia. Et des bons films, on en a vu un tas. On eut aussi quelques petites déceptions, mais rien de vraiment dérangeant au fond. Revenons ensemble sur ceux qui nous ont fait rêver, stressé, perturbé et/ou marrer. Pas de top 3 ici (pour le palmarès du Public, c’est ici qu’on clique, et pour ceux des Jurys, c’est quelque part ici), mais plutôt quelques catégories.
Au rayon Performances et Puissance, on retrouve l’acclamé Let the Right One In et Ex-Drummer. Le film suédois LTROI fut unanimement adoré (autant par la critique que les festivaliers), était doté d’une unique et tragique sensibilité. Un tendu et poignant récit de survie (où l’on se venge aussi de ‘bullies’ qu’on haït). Quant à Ex-Drummer, cet OVNI belge cogne comme du rock, donnant l’impression d’être un masochiste déjanté se faisant joyeusement tatouer… dans la face. Voyer ces films. ASAP.
Au rayon Festival d’Effets Spéciaux Débiles, Bizarres et Délirants, on retrouve le complètement cinglé Tokyo Gore Police. Un peu de Ridley Scott et de Miike, beaucoup de Verhoeven et de Peter Jackson. Ça devrait sortir sous peu en DVD, on vous somme d’aussitôt l’acheter : lors de son passage à Montréal, le réalisateur soutenait qu’il y aurait une suite dépendamment de ses revenus. Vous avez BESOIN d’une suite… avouez! Notez que ça compte aussi pour le tout aussi japonais et presqu’aussi jouissif Machine Girl.
Au rayon Efficacement Troublant, on retrouve tout la série Playback in Black : soit le quasi-insoutenable The Butcher, le minimaliste mais non-moins saisissant Home Movie et surtout le réellement immersif et effrayant [rec]. Les 2 derniers sont véritablement à voir ASAP (on peut difficilement conseiller le premier, sauf si vous voulez vraiment être négativement dégoûté).
Au rayon Marrant, Démesuré et Divertissant, on retrouve Dance of the Dead (du joli zombie tout garni!) et surtout Jack Brooks Monster Slayer (des créatures et autres mutants en confrérie!!!). Pour votre information, le fort sympathique JBMS – avec un monstrueux Robert ‘Freddy’ Englund littéralement en feu – sort dans les cinémas cette semaine; donc, vous savez ce qui vous reste à faire. Mention au parfois accidentellement drôle Midnight Meat Train (un blockbuster… non, une vraie boucherie!!), pour son impitoyable Vinnie Jones. Un tueur, ce mec.
Au rayon Agréables Surprises, on retrouve l’étonnant film québécois Truffe et le complètement déviant Repo! The Genetic Opera. Le premier nous a épatés avec ses belles images, son humour et ses inspirés clins d’œil à des classiques du genre (un mini-hommage à Terminator 2… qui dit mieux?). Le deuxième aurait très bien pu se planter; néanmoins, Bousman (l’homme qui aime ses scies usagées) a remporté son pari, qui était de faire une œuvre unique, un ‘musical’ cyberpunk bien salissant et remplie de culte et d’industrielle musique.
Au rayon Hallucinante Animation, on ne peut qu’encore une fois acclamer le grand Bill Plympton, avec son plus récent long métrage Idiots and Angels, qu’il réalisa presque tout seul, créant ainsi cette formidablement tordue fable, donnant à un alcoolo raté les ailes d’un ange pour s’envoler ou s’enfoncer. Étrange, punché, fascinant et véritablement sauté.
Au rayon Superhéros plus ou moins Fantasiens, on retrouve Batman, qui nous a éblouit en version japanimée avec Batman : Gotham Knight et – en marge du festival – The Dark Knight. Longue vie au sombre et torturé Homme-Chauve-Souris!
Au rayon Silicone, Latex et Gros Cochons, on retrouve les distrayantes, hyperactives et dévergondées séries B (quoique assez vite oubliés) que sont Wicked Lake et Pig Hunt, car très fort ils ont essayés.
Au rayon on-sait-pas-trop-où-le-mettre-celui-là, on retrouve Stuck, la nouvelle et fort réussie comédie noire de ce bon vieux Stuart Gordon.
Au rayon Barges Courts Métrages, on retrouve le ridiculement fantastique Treevenge, le puissant I Love Sarah Jane, le mutant Morsure et le cauchemar psychotropique Far Out.
Et au rayon Coool Invités, les Canadiens responsables de Jack Brooks et ceux de Treevenge, la délégation japonaise de TGP, le ‘all-stars’ groupe de Repo! (dont Bill Moseley!), le dynamique Ryuhei Kitamura (réal’ de MMT), le maître du kung fu Gordon Liu et l’animateur américain Bill Plympton et l’actrice italienne Coralina Tassoni-Cataldi (Mother of Tears). Que des passionnés!
The End*.
*Enfin, pour l’instant. Comme c’est toujours arrangé avec le gars des vues, il y aura évidemment une suite…
4 comments 24 juillet 2008
21. Gentils petits zombies (c’est presque fini!)
Aujourd’hui, qui n’aime pas les zombies? Les morts-vivants font depuis un bon moment parti des monstres vaguement humains les plus populaires, avec les suceurs de sang. En particulier depuis quelques années, avec l’arrivée du remake de Dawn of the Dead (2004), qui eut plus de succès qu’on ne s’y attendait. George A. Romero (réalisateur de l’original sorti en 1978, aussi responsable du classique de 1968 Night of the Living Dead et du Day of the Dead de 1985) a même profité de ce nouvel engouement : il a finalement réussi à convaincre quelques financiers de lui filer du blé pour tourner d’autres vues – de qualité discutable – pleines de cadavres cannibales, soit Land of the Dead (2005) et Diary of the Dead (2007). Parmi légions de clones immangeables en DVD peuplant les clubs vidéos les plus et moins crades (la liste est tellement longue… tient, House of the Dead, l’adaptation ridicule de Uwe Boll de l’éponyme jeu d’Arcade), on retrouve des hommages parodiques, des films aussi comiques qu’horrifiques faits par des réalisateurs sympathiques connaissant leurs classiques. Comme le fantastique Shaun of the Dead, qui se déguste comme une délicieuse stout impériale (L’Amère à Boire sur St-Denis en sert de la bien bonne). On eut droit au festival en 2006 à Night of the Living Dorks, un sanglant et très geek oktoberfest du zombie.
Comme on ne peut se passer de ces petites bêtes pourries, on nous présentait Dance of the Dead clôture de festival – avant que soient confirmés les TBA et qu’on ajoute des représentations supplémentaires des plus populaires. On y allait pour voir l’écrapou affamé, des corps décomposés refusant d’aller se coucher, des ‘one-liners’ punchés, des acteurs qui en font trop pour nous faire marrer… et c’est exactement ça qu’on nous a joyeusement livré! Une hilarante série B, qui ne lésine pas sur les effets spéciaux et qui ne se prend tellement pas au sérieux tout en le faisant sérieusement (très pro!). Le réal’ Gregg Bishop (The Other Side) nous propose ici un habile re-mâchage des clichés d’usages, sous forme de buffet tout garni où tout est permis (ses souvent hyperactifs zombies s’éjectent de leur tombent comme de véritables bombes!!!).
La prémisse est toute simple : le soir du bal des finissants, il semble plus n’y avoir de place en enfer car les morts se mettent à marcher sur terre. Dans ce école à la Breakfast Club, on retrouve un groupe de petits rockeurs ne s’arrêtant de jouer que pour botter des culs de mélomanes fraîchement déterrés (ressuscités par les avoisinantes centrales nucléaires), un prof de gym (un ‘wannabe’ Henry Rollins) mettant à la disposition des plus démunis son arsenal d’ex-militaire, un punk-bully (Justin ‘le sosie de Shaun’ Welborn, qu’on avait adoré dans The Signal l’an dernier à Fantasia) luttant tous et n’importe qui – incluant aussi des zombies – à grand coups de descente du coude et de révolver… On doit avouer que le scénariste a parfoit même eu du flair : en passant sous terre, on se retrouve de l’école secondaire à une maison bien remplie funéraire! Comme si on avait pris la troupe de Superbad pour refaire un Re-Animator pour les fans des premiers Return of the Living Dead. Genre.
N.B. Ne pas confondre avec le pitoyable épisode de Master of Horror du même nom, aboMINABLEment commis par Tobe Hopper (eh oui, le même qui a génialement réalisé LE Texas Chain Saw Massacre) avec Robert ‘Freddy’ Englund (dans un rôle insupportable). Sinon, amèrement vous le regretterez.
Il ne faudrait pas oublier de souligner le beau boulot de Phil Mucci sur son hallucinant et ultra-coloré court métrage Far Out (présenté juste avant Dance of the Dead), où vampirisme, psychotropes et psychédélisme se mariaient à merveille. Fort joli (on se croyait dans une très rétro Italie)! Suivra sous peu le bilan FANTISTOF… la fin à grands pas approche.
1 comment 23 juillet 2008





